Un permis de construire pour une maison individuelle repose sur un formulaire adapté et sur huit pièces principales, numérotées PCMI 1 à PCMI 8. La liste nationale fixe le socle du dossier, mais le règlement de PLU, les servitudes et la situation de la parcelle déterminent les documents supplémentaires réellement exigibles.
- Le formulaire pour une maison individuelle et ses annexes renvoie au bordereau des pièces PCMI 1 à PCMI 8.
- Le plan de masse, le plan en coupe et les façades doivent reprendre des cotes, niveaux et surfaces cohérents.
- Les photographies du terrain montrent l’environnement réel ; une vue aérienne ne les remplace pas.
- Une pièce manquante signalée dans le mois suivant le dépôt suspend le délai d’instruction jusqu’à la réception du complément.
- Le PLU local reste déterminant pour l’emprise, la hauteur, les distances aux limites et l’aspect extérieur.
Cette page concerne le permis de construire d’une maison individuelle, de ses annexes ou d’une extension. Elle ne remplace ni la conception du projet, qui relève d’un architecte lorsque son intervention est requise, ni une étude de structure, qui doit être confiée à un bureau d’études structure lorsque l’existant est modifié.
Quel formulaire choisir avant de réunir les pièces du permis de construire ?
Le point de départ n’est pas le plan, mais le formulaire. Pour une maison individuelle et ses annexes situées sur le même terrain, la demande relève du formulaire Cerfa n° 13406. Une annexe comprend notamment un garage, un carport, un abri ou une piscine lorsqu’elle accompagne une habitation individuelle. Pour les autres constructions, y compris certains bâtiments agricoles, commerces, immeubles ou locaux professionnels, le formulaire applicable est le Cerfa n° 13409.
Le formulaire téléchargé sur Service-Public contient le bordereau de dépôt. C’est ce bordereau qui permet d’identifier les pièces à joindre selon votre situation exacte. Il ne faut donc pas recopier une liste trouvée sur un ancien dossier ou sur une publication non datée. La version du formulaire et son bordereau doivent être vérifiés au moment du dépôt.
Le certificat d’urbanisme ne remplace jamais un permis de construire. Un certificat d’urbanisme d’information renseigne sur les règles applicables à une parcelle. Un certificat opérationnel indique si une opération donnée peut être réalisée. Il peut aider à repérer une servitude, un secteur protégé ou une desserte insuffisante, mais il ne dispense pas de déposer un dossier complet lorsque les travaux nécessitent un permis.
Le règlement local doit être lu avant la production des plans. Ouvrez le Géoportail de l’urbanisme, saisissez l’adresse ou la référence cadastrale, puis téléchargez le règlement de zone et les servitudes. Les règles relatives au coefficient ou au plafond d’occupation peuvent notamment être examinées avec cette page sur le calcul de l’emprise au sol. Une construction réalisable selon les seuils nationaux peut rester incompatible avec une règle locale de recul, de hauteur ou d’aspect.
Le recours à un architecte est obligatoire pour une personne physique lorsque la surface de plancher de l’ensemble après travaux dépasse 150 m², sous les réserves prévues par les textes. Cette règle résulte de l’article R.431-2 du code de l’urbanisme, vérifié sur Légifrance le 19 septembre 2026. Une personne morale doit en principe également recourir à un architecte, sauf exceptions définies par le même article.
Le formulaire demande les surfaces créées, supprimées ou modifiées parce qu’elles servent à l’instruction et à la fiscalité. Une surface déclarée dans le Cerfa doit correspondre aux plans. Une incohérence entre le tableau des surfaces, le plan de façade et le plan de masse entraîne une demande d’explication ou un complément.
Le dossier doit donc être constitué dans un ordre simple : règles applicables, relevé fiable de l’existant, plans, notice descriptive, formulaire et contrôle final du bordereau. Déposer avant d’avoir rapproché ces éléments revient à laisser le service instructeur retrouver lui-même les contradictions.

Quelles sont les huit pièces PCMI 1 à PCMI 8 à joindre au dossier ?
Les articles R.431-7 à R.431-10 du code de l’urbanisme définissent les pièces générales du permis de construire pour une maison individuelle. La nomenclature PCMI signifie « pièce à joindre à une demande de permis de construire pour une maison individuelle ». Chaque document doit être identifié clairement par son numéro, de PCMI 1 à PCMI 8.
| Pièce | Document attendu | Fonction dans l’instruction | Base réglementaire |
|---|---|---|---|
| PCMI 1 | Plan de situation | Localiser la parcelle dans la commune et dans son zonage | Article R.431-7 |
| PCMI 2 | Plan de masse | Montrer l’implantation, les accès, les réseaux, les cotes et les niveaux | Article R.431-9 |
| PCMI 3 | Plan de coupe | Comparer le terrain naturel, le terrain projeté et les hauteurs | Article R.431-10 b) |
| PCMI 4 | Notice descriptive | Expliquer l’état initial et les caractéristiques du projet | Article R.431-8 |
| PCMI 5 | Plan des façades et toitures | Présenter l’aspect extérieur final | Article R.431-10 a) |
| PCMI 6 | Document graphique d’insertion | Montrer le projet dans son environnement | Article R.431-10 c) |
| PCMI 7 | Photographie de l’environnement proche | Décrire les abords immédiats | Article R.431-10 d) |
| PCMI 8 | Photographie de l’environnement lointain | Replacer la parcelle dans le paysage ou le quartier | Article R.431-10 d) |
Le plan de situation doit permettre de trouver sans ambiguïté le terrain. Il comporte une échelle, le nord, un repère visible sur la parcelle et des voies ou éléments géographiques permettant la lecture. Un extrait du Géoportail peut servir de base, à condition que la parcelle soit identifiée et que le document reste lisible après impression ou transmission numérique.
Le plan de masse est la pièce qui concentre le plus d’informations. Il présente la parcelle vue du dessus, les limites, les constructions existantes et projetées, les accès, les places de stationnement lorsqu’elles sont exigées, les réseaux et les distances aux limites séparatives. Il doit aussi indiquer les cotes altimétriques lorsque le relief ou la règle de hauteur le rend nécessaire.
Le plan de coupe montre le projet dans son rapport avec le terrain. Il fait apparaître le terrain naturel avant travaux, le niveau après travaux, les éventuels déblais ou remblais, les hauteurs du bâtiment et les points de référence utilisés. Sur une parcelle en pente, une coupe incomplète peut masquer le dépassement d’une hauteur maximale. Cette hauteur doit être comparée à l’article concerné du PLU ; la différence entre faîtage et égout de toiture est expliquée dans ce guide sur la hauteur autorisée par le PLU.
La notice descriptive relie les plans entre eux. Elle décrit le terrain avant travaux, le bâti existant, les plantations, les accès, l’environnement immédiat et les caractéristiques extérieures du projet. Elle ne doit pas annoncer un matériau que les façades ou le document graphique ne montrent pas. La cohérence importe davantage que le volume de texte.
Le plan de façade, souvent appelé plan des façades et des toitures, représente toutes les élévations visibles. Les ouvertures, les matériaux, les teintes, les hauteurs et les éléments de toiture doivent y être distingués entre existant et projeté lorsqu’il s’agit d’une extension ou d’une surélévation.
Comment rendre le plan de masse, le plan de coupe et les façades cohérents ?
Un service instructeur ne vérifie pas seulement que huit fichiers ont été transmis. Il confronte les documents. Une construction implantée à trois mètres de la limite sur le plan de masse, mais à deux mètres cinquante sur une façade cotée, ne peut pas être instruite sans clarification. Le même contrôle porte sur les hauteurs, les surfaces, les accès et les matériaux annoncés.
Le plan de masse doit répondre à des questions précises. Où est implantée la construction ? Quelle est sa distance par rapport aux limites séparatives ? Comment les véhicules et les piétons accèdent-ils à la parcelle ? Où vont les eaux pluviales et les eaux usées ? Les réponses doivent être lisibles, cotées et compatibles avec le règlement local.
Les distances de voisinage méritent une lecture distincte. Le PLU fixe les règles d’implantation par rapport aux limites séparatives, tandis que le code civil encadre notamment certaines vues chez le voisin. Ces deux régimes ne se confondent pas. Avant de fixer une baie ou une ouverture dans les plans, consultez les règles relatives aux servitudes de vue et distances légales, puis vérifiez l’article correspondant du PLU de votre zone.
Le plan de coupe n’est pas une façade tournée sur le côté. Sa fonction est de révéler le rapport entre le bâtiment et le relief. Il doit traverser le point utile du projet : une partie en pente, un garage enterré, une rampe, un terrassement ou une zone où la hauteur réglementaire est la plus sensible. Une coupe choisie dans une partie plane alors que le reste du terrain est incliné ne permet pas de vérifier le projet.
Les façades doivent reprendre exactement la géométrie issue des plans. Une fenêtre créée, une porte supprimée, un débord de toiture ou une modification de couverture se retrouvent sur les élévations. Pour une extension accolée, la jonction avec l’existant doit être intelligible sur les façades et sur la coupe. La procédure diffère peu selon que l’extension est accolée ou détachée, mais l’implantation et l’emprise changent ; cette distinction est détaillée dans l’article consacré à l’extension accolée ou indépendante.
Le cadastre n’est pas un plan de bornage. Il a une fonction fiscale et peut comporter des décalages avec les limites réelles. Lorsqu’une implantation se joue à quelques dizaines de centimètres, un relevé topographique ou un bornage existant doit être examiné. À partir d’ici, la question de savoir où se trouve juridiquement une limite ne relève plus du dossier administratif : elle peut nécessiter l’intervention d’un géomètre-expert.
Les cotes altimétriques suivent la même logique. Elles doivent provenir d’une information fiable si le terrain est en pente ou si le règlement définit une hauteur à partir du terrain naturel. Le site documente le contenu du dossier, mais ne calcule ni la stabilité d’un terrassement ni la reprise d’un mur existant. Ces sujets relèvent d’un bureau d’études structure et, selon les travaux, des entreprises qualifiées intervenant sur place.
Un dossier lisible ne cherche pas à embellir le projet. Il permet à l’administration de vérifier une règle à partir d’informations mesurables et concordantes.
Quelles pièces justificatives s’ajoutent selon la parcelle et la nature des travaux ?
Les huit documents PCMI forment le socle d’un permis pour maison individuelle. Ils ne constituent pas une liste fermée pour tous les cas. Le bordereau du Cerfa prévoit des pièces justificatives conditionnelles selon la nature de l’opération, les risques, l’assainissement, la démolition, la réglementation environnementale ou la protection patrimoniale.
Une construction neuve ou une extension soumise à la réglementation environnementale peut nécessiter l’attestation de prise en compte de la RE2020 au dépôt. Le document exact attendu dépend du type d’opération et du calendrier réglementaire applicable. Cette exigence doit être contrôlée dans le bordereau de la version du formulaire utilisée, puis auprès du service urbanisme si le projet présente une situation particulière.
Un projet comportant une démolition peut nécessiter un permis de démolir ou des documents permettant de l’instruire avec le permis de construire. La règle dépend de la délibération communale et du secteur concerné. Dans un périmètre de protection patrimoniale, la démolition et les modifications extérieures appellent une vigilance renforcée.
Les secteurs protégés comprennent notamment les abords de monuments historiques, les sites patrimoniaux remarquables, certains sites classés ou inscrits, les parcs nationaux et des servitudes particulières. Le PLU et les annexes du Géoportail indiquent la présence de ces périmètres. Le délai d’instruction peut alors être majoré en raison des consultations nécessaires. Il ne suffit pas d’habiter à plus de 500 mètres d’un monument pour écarter automatiquement toute contrainte : le périmètre opposable se vérifie sur les documents d’urbanisme.
Les matériaux, les teintes, les menuiseries ou les couvertures doivent être décrits plus précisément dans les secteurs où le règlement le demande. Cette précision ne signifie pas qu’un dossier doit prescrire une technique de construction. Il doit seulement permettre l’examen administratif de l’aspect extérieur annoncé. Le choix constructif détaillé relève ensuite des professionnels qui conçoivent et réalisent l’opération.
L’attestation d’assurance ne figure pas parmi les huit PCMI de base. Elle ne doit donc pas être ajoutée mécaniquement au dossier de permis de construire. En revanche, les assurances des intervenants, la responsabilité décennale des entreprises et l’assurance dommages-ouvrage concernent le montage et l’exécution des travaux. Elles doivent être vérifiées avant la signature des marchés, mais leur contrôle ne se substitue pas à l’instruction urbanistique.
Un dossier peut aussi nécessiter des éléments relatifs à l’assainissement non collectif, à un risque inondation, à un accès sur voirie départementale ou à une autorisation spécifique. Le bon ordre consiste à identifier d’abord les servitudes et annexes du PLU, puis à cocher le bordereau. Ajouter des documents sans lien avec le projet ne sécurise rien ; oublier une pièce conditionnelle bloque la procédure.
La liste des pièces dépend donc de la parcelle autant que du bâtiment. Le formulaire donne la nomenclature nationale, mais les annexes locales révèlent les contraintes qui modifient réellement le dossier.
Combien d’exemplaires déposer et quels délais prévoir pour un permis de construire ?
Le dépôt peut être réalisé en mairie, par envoi ou par voie dématérialisée selon les modalités fixées par la commune. Depuis le déploiement de la saisine par voie électronique, les communes doivent pouvoir recevoir les demandes dématérialisées. Les modalités pratiques, formats acceptés et limites de poids sont toutefois précisées par le guichet numérique local.
L’article R.423-2 du code de l’urbanisme prévoit, pour une demande de permis, la fourniture de quatre exemplaires complets lorsqu’un dépôt papier est requis. L’article A.431-9 prévoit des exemplaires supplémentaires de certaines pièces, notamment pour permettre les consultations. Ces règles ont été vérifiées sur Légifrance le 19 septembre 2026.
Dans la pratique traditionnelle, les plans de situation, de masse et de coupe sont souvent demandés en exemplaires supplémentaires. Le bordereau et les instructions communales priment pour le nombre final, surtout lorsqu’une consultation patrimoniale, environnementale ou technique s’ajoute. En dépôt électronique, un même fichier peut être transmis aux services consultés, mais il doit rester parfaitement lisible.
Le délai de droit commun pour un permis de construire portant sur une maison individuelle est de deux mois à compter de la réception d’un dossier complet, selon l’article R.423-23 du code de l’urbanisme, vérifié sur Légifrance le 19 septembre 2026. D’autres délais s’appliquent aux permis qui ne portent pas sur une maison individuelle, ainsi qu’aux projets soumis à consultation ou situés dans un secteur protégé.
La mairie dispose d’un mois après le dépôt pour notifier l’absence d’une pièce requise ou une majoration de délai. Lorsqu’une demande de pièces est reçue, l’instruction ne suit pas son cours comme si le dossier était complet. Le calendrier est suspendu jusqu’à la réception des documents attendus. Une réponse partielle peut entraîner une nouvelle difficulté si elle ne répond pas exactement à la demande.
Les photographies du terrain doivent être prises avant les travaux. PCMI 7 montre l’environnement proche : rue, accès, clôtures, constructions voisines et végétation immédiate. PCMI 8 montre l’environnement plus large : quartier, vallée, silhouette urbaine ou paysage. Elles doivent être des vues réelles, nettes et repérables. Une capture satellite ne montre ni les façades voisines, ni les perceptions depuis l’espace public.
Avant l’envoi, vérifiez que chaque plan porte son intitulé, son numéro PCMI, une échelle adaptée, l’orientation lorsque nécessaire et des cotes lisibles. Vérifiez aussi que les surfaces du formulaire correspondent à celles des plans. Les montants de taxe d’aménagement reposent sur les déclarations portées dans l’autorisation ; les déclarations de surface ne sont donc pas une formalité secondaire.
La dernière vérification utile consiste à ouvrir le règlement de zone, noter la hauteur autorisée, l’emprise admise et les reculs, puis contrôler ces trois données sur le plan de masse, la coupe et les façades. Sans cette concordance, le dossier est complet en apparence mais reste fragile sur le fond.
Le plan de masse peut-il être réalisé à partir du cadastre seul ?
Le cadastre peut servir de support de repérage, mais il n’établit pas avec précision les limites réelles, les altitudes ou les réseaux. Pour une implantation proche d’une limite ou un terrain en pente, des données mesurées doivent être recherchées auprès d’un géomètre-expert ou dans les documents disponibles.
Faut-il joindre une attestation d’assurance au permis de construire ?
Non, l’attestation d’assurance ne fait pas partie des pièces PCMI 1 à PCMI 8 du dossier de base. Les assurances des entreprises et l’assurance dommages-ouvrage se vérifient avant le démarrage des travaux, selon la situation du maître d’ouvrage.
Les photographies du terrain sont-elles obligatoires ?
Oui, PCMI 7 et PCMI 8 font partie des pièces prévues pour apprécier l’environnement proche et l’environnement lointain. Elles doivent représenter le site réel et non une image aérienne.
Que se passe-t-il si une pièce du dossier manque ?
La mairie peut demander la pièce manquante dans le mois suivant le dépôt. Le délai d’instruction est alors suspendu et ne peut courir utilement qu’après réception du complément demandé.
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